La cellulite est une affection qui touche quasi-exclusivement les femmes.

Dans un environnement socio-économique où l’image du corps exerce une véritable dictature, la présence de cellulite est souvent très mal vécue. La consultation auprès d’un thérapeute spécialisé s’impose à beaucoup d’entre elles. Après une phase diagnostique très précise, le médecin devra proposer une thérapeutique. C’est le couple pertinence du diagnostic/traitement adapté qui fera la clef du succès.

 

Le diagnostic : 2 éléments cruciaux

Il est dépendant de l’anamnèse, de l’examen clinique et si possible de l’échographie. Il faut savoir que ce qu’on appelle cellulite concerne en réalité 2 entités bien différentes. La cellulite vraie avec son aspect en peau d’orangeet le stéatome responsable des formes généreuses et qui sculpte le corps. Ces 2 entités siègent dans l’hypoderme. Un lieu méconnu, qui n’est pas qu’un vulgaire réservoir de graisse. Il est divisé en 2 parties :

  • une qui fait bloc avec le derme
  • une autre adjacente à l’aponévrose musculaire.

J’ai récemment montré par des travaux en échographie de haute résolution (22 Mhz) que la cellulite (peau d’orange) est située dans la couche superficielle de l’hypoderme à une profondeur de 5 à 7 mm.

La cellulite est une sorte de magma œdemato-fibreux qui est le résultat d’une équation mettant en face 2 forces :

  • la résistance du derme d’une part
  • la pression exercée par l’hypoderme superficiel d’autre part.

Lorsque la résistance du derme est inférieure à la pression de l’hypoderme superficiel il y a cellulite.

La résistance dermique dépend de l’épaisseur du derme et de la présence de fibres de collagène de structure normale. La pression de l’hypoderme superficiel est liée à la pression à l’intérieur des cloisons séparant les lobules graisseux. La présence d’œdème en quantité anormalement élevée et de fibrose dans cet espace situé entre les lobules est responsable de cette pression.

La cause de cette accumulation d’œdème et de fibrose semble être d’origine microcirculatoire, notamment un excès de perméabilité des vaisseaux capillaires.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a qu’une seule cellulite.

A contrario, il y a plusieurs types d’hypoderme profond:

  • ​celui à majorité adipeux
  • celui avec présence d’œdème important
  • celui avec une fibrose importante
  • celui qui a un hypoderme atone (fin et incapable de soutenir l’hypoderme superficiel).

Donc 4 types d’hypoderme :

  • graisseux
  • œdémateux
  • nodulaire (ou fibrosé)
  • atone.

La cellulite graisseuse (la plus fréquente) est le résultat d’une surcharge graisseuse localisée.

En réalité, elle correspond à un caractère sexuel secondaire. C’est quasiment exclusivement de la graisse.

De nombreuses solutions thérapeutiques sont à notre disposition comme la cryolipolyse par exemple. Elles n’ont pas toutes un intérêt thérapeutique réel. Une nouvelle approche thérapeutique est totalement en phase avec les notions de physiopathologie ci-dessus développées: l’endosphère therapy.

 

L’endosphère therapy : la micro-vibration compressive

La micro-vibration compressive est une procédure innovante et pertinente dans l’arsenal des thérapeutiques. Mis au point par une équipe de chercheurs italiens et confortée par de nombreuses études, cette thérapie possède un potentiel indiscutable dans la prise en charge de la cellulite.

L’endosphère therapy, comment ça fonctionne ?

Un pack de 55 sphères (billes) en silicone ayant un agencement spatial en alvéoles est animé d’un mouvement de rotation. Cette rotation crée une microvibration.

La microvibration

L’utilisation de la vibration en thérapeutique n’est pas nouvelle. A la fin du XIXe siècle, Jean-Martin Charcotpropose son fauteuil trépidant (inspiré des voyages en chemin de fer) destiné aux patients atteints de «paralysie agitante» (parkinson) et son casque vibrants. Lors de la grande guerre, le percuteur de Mortimer était utilisé pour les algies du moignon. Depuis le milieu du 20e siècle, on utilise des vibreurs locaux en physiothérapie pour induire le réflexe tonique de vibration pour inhiber ou faciliter la contraction musculaire locale. L’utilisation des plates-formes vibrantes par les entraîneurs olympiques russes dans les années 1970 puis par l’agence spatiale russe s’est vulgarisée à la fin des années 1990 par la présence dans les salles de sport et de fitness de la Power Plate puis de la sismodermie.

Effets physiologiques de la microvibration compressive

Rétablir l’équilibre de la matrice extra-cellulaire

Selon Curri, la cellulite est une maladie du tissu conjonctif en rapport étroit avec une microangiopathie (comme indiqué ci-dessus) avec perturbation du flux vasculaire microcirculatoire responsable d’une accumulation d’œdème dans l’espace extra-cellulaire. Selon la loi de Starling, pour diminuer le volume de liquide de filtration, il faut diminuer la pression hydrostatique, réduire la perméabilité capillaire et augmenter le débit lymphatique. C’est la finalité de l’endosphère therapyLes micro-vibrations favorisent les contractions des lymphangions et donc accélèrent le flux lymphatique. La compression exercée diminue la pression hydrostatique. La fibrose est réduite par les micro-compressions. Ces 3 actions associées à l’effet drainant, réalisant un pompage progressif avec déplacement des liquides expliquent l’efficacité de l’Endosphère Therapy pour traiter la cellulite.

Activer le métabolisme

En ce qui concerne les rondeurs et formes généreusesla thérapie par micro-vibrations, comme toute onde acoustique, permet de libérer des substances vaso-actives:

  • les 6 radicaux NO (oxyde d’azote)
  • les Vascular Endothelial Growth Factor (VEGF).

Ces substances entraînent une augmentation de l‘irrigation sanguine (hyperémie) dans toutes les couches tissulaires, tissu conjonctif compris, par vasodilatation et néoformation vasculaire. Cela induit la formation de nouveaux vaisseaux, ce qui a pour effet de favoriser la circulation et donc d’augmenter le métabolisme cellulaire et donc favoriser la lipolyse en profondeur.

 

L’endosphère therapy, quels résultats ?

Au niveau du lipœdème, forme cellulitique difficile à traiter, nous obtenons selon les travaux d’Arezzo, plus de 50 % de réduction de l’épaisseur hypodermique en sus malléolaire médiale. Au niveau fémoral externe la réduction est également sensible, de l’ordre de 30 %.

Endosphère therapy : les autres champs d’application

En médecine esthétique, outre la cellulite et les adiposes localisées, elle présente un réel interêt dans le rajeunissement du visage et les cicatrices. Au niveau vasculaire, lymphœdème, lipœdèmes et œdèmes divers bénéficient de cette thérapeutique. En médecine du sport, les indications sont nombreuses.

L’Endosphère therapy, en pratique

  • Le traitement est très bien supporté notamment sur le plan algique.
  • Il n’y a aucune éviction sociale.
  • En général 6 à 12 séances sont prescrites.
  • La durée des séances est de 45 minutes.
  • Le rythme est de 1 à 2 séances hebdomadaires.